Terminé les lagons, le sable blanc et les décors de rêve… En raison de la pandémie, les voyages touristiques à destination de la Polynésie française seront suspendus à partir de mercredi. L’annonce a été faite par Sébastien Lecornu, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, sur les télévisions locales.
Seuls les déplacements pour des motifs d’ordre familial, sanitaire ou professionnel, accompagnés de justificatifs seront autorisés.
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Cette décision est lourde de conséquences alors que l’économie polynésienne déjà en grande difficulté dont le tourisme est le premier secteur d’activité. Avant la crise, la France et les Etats-Unis étaient les deux principaux pays pourvoyeurs de touristes en Polynésie française avec près de 300 000 visiteurs en 2019, contre moins de 75 000 en 2020.
Après un pic en novembre, où la collectivité a connu l’un des taux d’incidence les plus élevés au monde, ce taux s’est réduit à 74 pour 100 000 habitants et la collectivité ne compte plus que dix personnes en réanimation. Sébastien Lecornu a bien reconnu que la situation épidémique s’améliorait en Polynésie mais il a aussi souligné une circulation du virus est toujours active avec 300 cas détectés par semaine, une hausse des contagions dans l’archipel des Îles Sous-le-Vent et l’arrivée possible des variants.
Il a aussi estimé que « si les variants devaient circuler activement en France, dans l’Hexagone et dans quelques territoires ultramarins en même temps, nous ne pourrions peut-être pas soutenir la Polynésie française comme nous l’avons fait auparavant. »
Les mesures déjà en vigueur dans cette collectivité d’outre-mer autonome ont permis de limiter la réintroduction du virus, avec un test trois jours avant l’embarquement et un auto-test quatre jours après l’arrivée pour tout voyageur venant en Polynésie.
Par ailleurs, la Polynésie était déjà coupée des pays les plus proches. À l’ouest, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont fermé leurs frontières depuis le début de l’épidémie. À l’est, les difficultés de la compagnie aérienne Lan n’ont pas permis de maintenir la ligne vers l’Île de Pâques et le Chili.
Le ministre des Outre-mer a précisé que les aides déjà accordées seraient maintenues, et « renforcées pour les secteurs les plus en difficultés » notamment pour le secteur aérien. Selon Michel Monvoisin, le PDG de la compagnie Air Tahiti Nui, « 2021 sera probablement une année pire que 2020 » pour ce secteur.
En 2020, un prêt de 2,3 milliards d’euros a été octroyé au gouvernement de la Polynésie, et 5,45 milliards d’euros au bénéfice des entreprises du fenua. Des mesures qui seront maintenues en 2021 « aussi longtemps que durera la crise économique et sanitaire » a assuré le ministre.
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