C’est un président en habit de « Docteur Macron » qui a débarqué à Papeete samedi à 16h30 (4h30 du matin ce dimanche à Paris) pour une visite de quatre jours en Polynésie française. Entre les manifs anti-pass sanitaire en métropole, la pandémie qui flambe partout avec le variant Delta et la campagne de vaccination qui patine à Tahiti, l’actualité du Covid-19 a rattrapé le chef de l’État, qui arrivait des JO de Tokyo.
Sitôt passé l’accueil coutumier avec la déclamation de l’« orero » – art oratoire local – par deux adolescents, un garçon de 11 ans et une fille de 14, qui l’ont prévenu que « le peuple tahitien a l’œil attentif à tes gestes, l’oreille attentive à tes paroles », Emmanuel Macron, bardé des rituels colliers de fleurs, a filé vers le principal Centre hospitalier de l’archipel. Objectif : lancer par-delà l’océan un appel à la vaccination et à « l’esprit de résistance, à l’unité face à ce virus ».
Auparavant, toutefois, il a dû patienter une bonne vingtaine de minutes avant de descendre de l’Airbus présidentiel, le temps d’obtenir les résultats des tests antigéniques effectués sur toute la délégation par l’équipe sanitaire montée à bord.
VIDÉO. « Nous avons une arme qu’il faut utiliser, le vaccin » : Emmanuel Macron répond aux réfractaires
« Nous avons une arme scientifique qu’il faut utiliser, le vaccin, a déclaré le président au milieu du cercle des soignants. Je veux lancer un message très fort pour appeler chacun et chacune à se faire vacciner parce qu’on le voit sous toutes les latitudes : quand on est vacciné, on est protégé et on ne diffuse quasiment plus, en tout cas beaucoup moins, le virus ». S’il s’est félicité que la France se prépare à passer « sans doute dans les prochaines heures le cap des 40 millions de primo-vaccinés », soit avec plusieurs semaines d’avance sur le calendrier prévu, il a regretté qu’à Tahiti et dans les 118 îles et atolls de l’archipel polynésien des « centaines de milliers de doses restent inutilisés ». De fait, moins de 30 % des Polynésiens sont déjà vaccinés.
Pour vaincre les peurs et la défiance, il a trouvé à l’hôpital de Papeete une alliée inattendue : Jenny Opuu, qui se présente comme « tradipraticienne ». Très populaire ici, cette Polynésienne initiée à la médecine traditionnelle insulaire arbore sur sa blouse blanche un superbe dessin de requin, son « animal totem », et le magnétisme et autres techniques pour apaiser les malades. Le chef de l’État est conquis. « Je lui ai demandé si elle était vaccinée, elle m’a répondu oui et qu’elle convainquait les autres de le faire. Je compte beaucoup sur elle et sur ceux qui ouvrent, à côté de la voie scientifique, cartésienne, la voie des pratiques, des cultures, d’un autre dialogue, du langage du cœur mais aussi d’une sorte de passage ancestral qui se respecte tout autant ».
Et les manifestants qui défilent contre un pass sanitaire jugé attentatoire aux libertés, les respecte-t-il ? Oui, assure-t-il, ajoutant qu’il les « écoute avec beaucoup de considération », fustigeant néanmoins ceux qui plongent « dans la mobilisation irrationnelle, parfois cynique, manipulatrice », et rappelant… que « le virus ne cède pas aux manifestations ». Dans son appel de Papeete, Emmanuel Macron a bien stipulé sa vision de la liberté. « La liberté où je ne dois rien à personne n’existe pas », tance-t-il. Elle « repose sur un sens du devoir réciproque : si demain vous contaminez votre père, votre mère ou moi-même, je suis victime de votre liberté alors que vous aviez la possibilité (…) de vous protéger et me protéger (…) Ce n’est pas ça la liberté, ça s’appelle l’irresponsabilité, l’égoïsme ».
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