Le retour de El Nino… L’année 2022 s’achève avec un triste record. Celui de l’année la plus chaude jamais observée en France. On enregistrait ainsi une température moyenne de 14,5 °C, soit plus de 1,1 °C au-dessus de la normale (moyenne de référence entre 1991 et 2020).
Elle détrône ainsi l’année 2020 au premier rang des années les plus chaudes jamais enregistrées depuis le début des mesures de Météo France. Les températures étaient alors supérieures à la normale la majeure partie de l’année, de 1 à 3 °C en moyenne, selon les régions.
Pour preuve : canicules, sécheresse, feux de forêts… Les phénomènes météorologiques extrêmes ont marqué l’année. Il s’agit de conséquences manifestes du dérèglement climatique, notamment entre juin et août. Ceci a placé l’été 2022  au deuxième rang des étés les plus chauds sur la période 1900-2022 derrière l’été 2003 (+2,7 °C) et devant l’été 2018 (+1,5 °C).
À l’échelle européenne, l’été 2022 a été le plus chaud jamais enregistré, selon le programme de l’Union européenne Copernicus. Les températures moyennes en Europe ont dépassé d’1,3 °C celles de la période 1991-2000.
Plus inquiétant, le service national britannique de météorologie, le Met Office, a publié mi-décembre ses prévisions pour l’année prochaine. Il estime ainsi que si l’année 2022 a déjà enregistré des températures supérieures à la moyenne, « l’année 2023 devrait être encore plus chaude ».
On a ainsi pris en compte un phénomène dans les prévisions climatiques globales. La température mondiale au cours des trois dernières années a été influencée par l’effet de refroidissement généré par un long épisode La Niña dans le Pacifique oriental. Un phénomène qui aurait donc atténué la hausse mondiale des températures, bien que déjà trop élevées.
« L’effet d’un épisode prolongé de La Niña a influencé la température mondiale au cours des trois dernières années. Les températures de surface de la mer étaient alors plus froides que la moyenne. Ce phénomène se produit dans le Pacifique tropical, explique le Dr Nick Dunstone du Met Office. La Niña a un effet de refroidissement temporaire sur la température moyenne mondiale. » Pour 2023, « notre modèle climatique indique la fin de trois années consécutives de présence de La Niña. Et donc un retour à des conditions relativement plus chaudes dans certaines parties du Pacifique tropical. Ce changement conduira probablement à ce que la température mondiale en 2023 soit plus chaude qu’en 2022.
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Le phénomène El Nino pourrait augmenter les températures de 2023.
Crédits : Pixabay.
El Nino est le phénomène climatique inverse de La Nina. Lors d’un épisode El Niño,  les hautes pressions du Pacifique sud diminuent. Les alizés faiblissent et les eaux chaudes de surface, accompagnées de nuages et de précipitations, refluent de l’ouest vers l’est. Ainsi, des conditions sèches se développent sur l’Indonésie et sur l’Australie. Les tempêtes tropicales et les ouragans apparaissent beaucoup plus à l’est qu’à l’habitude et viennent affecter la Polynésie française. En revanche, les côtes du Pérou connaissent d’inhabituelles précipitations provoquant inondations et glissements de terrain.
Ce phénomène est baptisé El Niño par les pêcheurs en référence à l’enfant Jésus car il survient juste après Noël. Il survient sporadiquement et se manifeste de manière plus ou moins forte. Au total, au moins une trentaine d’événements El Niño se sont manifestés depuis 1900. En 1997-1998 notamment, un épisode marqué a été souligné. Puis, de nouveau, en 2002 ainsi qu’entre 2014 et 2016.
Les événements El Niño apparaissent d’une manière irrégulière, tous les 2 à 7 ans. De par son ampleur (augmentation de température de l’ordre de 1 °C ou plus des couches océaniques superficielles dans le rail équatorial pendant plusieurs mois) et  l’étendue de la zone concernée (au niveau de l’équateur, le bassin pacifique tropical s’étend sur une zone large de plus de 10 000 km),  El Niño affecte le climat mondial dans son ensemble. Par ailleurs, à l’échelle du globe, la température moyenne a tendance à être anormalement élevée pendant les années concernées par ces épisodes. Ce fut le cas en 1998, année qui a suivi un fort épisode El Niño, et probablement en 2023.
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Certains modèles prévoient l’émergence de conditions El Niño dans la 2ème partie de l’année 2023. Cependant, les effets devraient principalement se faire sentir fin 2023 et surtout en 2024. Sans épisode El Niño significatif, 2023 ne sera peut-être pas une année record. Malgré tout, avec l’augmentation en cours des émissions mondiales de gaz à effet de serre, il est probable que l’année prochaine sera une autre année remarquablement chaude.
Les prévisions du Met Office se basent en effet sur les principaux moteurs du climat mondial. Cependant, elles n’incluent pas les événements imprévisibles tels que les grandes éruptions volcaniques qui provoqueraient un refroidissement temporaire.
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