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Grand Calendrier GEO 2023 – Splendides Lointains
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Recommandé par GEO
Ici, le musée commence sur la plage et se prolonge dans le bocage. Sur les lieux du Débarquement, vous revivrez les heures décisives du 6 juin 1944. Accrochez-vous… et gardez votre sang froid.
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On devine, dans le faisceau des phares, des haies, des arbres, des prairies noyées de brume. La Jeep Willys, sortie d’usine en 1943, cahote dans le chemin creux. Sa suspension et sa mécanique rustiques semblent taillées pour le bocage. Au volant, la silhouette massive de Jean Ferrolliet se découpe sur le clair obscur de la nuit. Quelques kilomètres après Sainte-Marie-du-Mont, petit village qui dispute à Sainte-Mère-Eglise le statut de première commune de France libérée le 6 juin 1944, Jean arrête la Jeep entre deux talus. «Le but de l’excursion est de faire ressentir au plus près ce qu’ont pu éprouver les paras américains cette nuit-là, explique-t-il. Tenez, voilà un criquet. Vous avez vu «Le Jour le plus long»? Un clic pour vous identifier, deux pour répondre. Descendez, je vous retrouve plus loin.» La Jeep redémarre, le ronron du moteur s’estompe, et on se retrouve seul dans l’obscurité, au milieu d’une campagne inconnue et silencieuse. on avance à pas de loup, les yeux écarquillés. Quelques instants plus tard, n’y tenant plus, on presse sur le criquet: «Clic?»… Dans le noir, le bruit fait l’effet d’un coup de tonnerre. Brusquement, deux silhouettes surgissent de l’ombre, vous saisissent sous les bras et, sans un mot, vous obligent à vous accroupir derrière la haie la plus proche, dans un cliquetis d’armes et de matériel. Frayeur garantie. Un doigt sur la bouche, on vous chuchote: «Be silent! Don’t move!» («Silence! Ne bougez pas!») Les visages noircis et les casques à mentonnière couverts d’un flet de camoufage ne laissent aucun doute: des parachutistes américains.
Sur la route, un bruit de bottes se fait entendre… Une ombre approche en sifflotant, s’arrête à deux pas et allume une cigarette. A la lueur de la flamme on reconnaît… un soldat allemand. en position d’embuscade derrière la haie, encadré par les deux parachutistes, on retient son souffle. C’est le moment que choisit Jean pour réapparaître. «J’ai eu l’idée d’ajouter une dimension humaine pour pimenter la promenade», explique-t-il en désignant ses trois copains hilares, Philippe, Michel et «Pâquerette». Tous passionnés par l’histoire du Débarquement, ils collectionnent uniformes et équipements d’époque et se prêtent volontiers à la mini-reconstitution qui fait de cette sortie nocturne une expérience unique. et fdèle à la réalité historique. Dans la nuit du 6 juin, lorsque les 13000 parachutistes des 101e et 82e divisions américaines furent éparpillés par le vent dans toute la région, des scènes identiques à celles qu’on vient de vivre se sont déroulées dans chaque champ, derrière chaque muret, dans chaque fossé…
On retrouve la Jeep et la balade se poursuit, jusqu’à la plage d’Utah Beach, ponctuée d’arrêts et d’explications sur ce qui s’est passé ici et là. L’histoire de la batterie du Holdy; l’attaque du château de Belesnault; l’église d’Angoville-au-Plain, transformée en poste de secours, où les bancs conservent les traces du sang des blessés américains et allemands qui furent soignés là alors que les combats faisaient rage. Perfectionniste, Jean embarque aussi dans la Jeep un album de photos de l’époque, prises sur les lieux mêmes où l’on s’arrête. Une mare dans un pré? Voilà la photo du cratère de la bombe qui est tombée là. Un corps de ferme? on le reconnaît grouillant de prisonniers et de blessés.
Le lendemain, on peut prolonger, en solo, cette plongée dans l’histoire du Débarquement avec la visite du Musée à ciel ouvert. Lancée en 2009, cette initiative rencontre, selon l’office de tourisme de Sainte-Mère-Eglise, un grand succès. Son principe est simple: muni d’un visioguide équipé d’un GPS, on parcourt avec son véhicule un circuit jalonné de onze étapes. Lorsque le GPS indique, par un bruit de criquet -encore un?- qu’on a atteint un site du parcours, un commentaire, écrit par l’historien gilles Perrault, se déclenche. Des images d’archives, des films, des témoignages défilent sur l’écran tactile du visioguide. Le visiteur découvre ainsi, à son rythme, les lieux souvent méconnus du Jour J, comme le pont de la Fière, le carrefour des Forges, les villages de Picauville et d’ Amfreville on regarde alors d’un autre oil ce paysage paisible, situé au cour du parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin, et qui a très peu changé depuis 1944. Seule différence, l’histoire des tout premiers jours de la Libération y affleure à chaque pas: stèles, plaques commémoratives, monuments, statues, musées – dont celui d’Utah Beach, rénové et agrandi, qui ouvrira ses portes le 6 juin prochain.
De nuit ou de jour (au choix), le Jeep Tour dure environ deux heures. Il est proposé par Manche Tourisme (manchetourisme.com) dans le cadre d’un séjour de trois jours avec hébergement au manoir de Magneville. Possibilité de réserver seulement la balade en Jeep auprès de Jean Ferroliet.
Contact: batterie-du-holdy.com
Cette maison d’hôtes, classée trois-épis, constitue l’hébergement idéal pour se remettre des émotions du Jeep Tour. Rien de tel qu’un apéritif autour de la cheminée ou un moment dans le Jacuzzi pour apprécier le confort de ce manoir du XVIe siècle. Les chambres, meublées avec recherche, sont à l’image des repas pris en commun. Et on peut même repartir avec la recette du délicieux velouté aux champignons de l’hôtesse…
Contact: manoirdemagneville.fr
Cette maison de Sainte-Marie-du-Mont, devenue le musée de l’Occupation, abrita la Kommandantur, avant de devenir le PC des troupes américaines. A voir pour les objets, les mannequins et les fresques peintes par des soldats allemands dans leur salle de repos.
36, place de l’Eglise. Contact: tél. 02 33 71 57 14.
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==> Article tiré du magazine GEO n°387 (mai 2011)
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