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C’est une habitation comme il en existe de plus en plus en Polynésie française. Des tôles et du pinex. IL n’y a que cela dans la vallée de Hiupape à Puurai. A l’intérieur, un père et une mère sans emploi et plusieurs enfants. 4 sont grands, mais il reste encore 3 enfants à charge.
Le foyer reçoit un bon alimentaire de près de 50 000 cfp tous les trimestres. Insuffisant pour nourrir tout ce petit monde. Bien avant le terme, le frigo est vide. “J’ai été demander de l’aide aux assistances sociales mardi, à 3h du matin, pour avoir le numéro 23, ma place [au service des] affaires sociales. Je ne savais pas qu’ils prenaient beaucoup, c’est pour ça que j’ai été à 3h du matin”, dit Kalina Tchéou-Marotau, bénéficiaire de bons alimentaires.

L’organisme qui les délivre, la DSFE, n’a pas souhaité nous recevoir aujourd’hui. Il nous a tout de même communiqué que le milliard et les 900 millions de francs de budget ont été liquidés entièrement cette année. Pour sa part, la Croix-Rouge dit recevoir énormément de demandes d’aide.
“Honnêtement je ne sais pas si cela est suffisant, mais en tout cas cela permet d’en faire profiter d’autres familles et peut-être d’éviter l’abus de certaines”, remarque Maria Vaitoa, responsable de l’épicerie solidaire.

Kalina frappe à toutes les portes, et notamment celle de la municipalité pour prendre ce qu’elle peut. Les contrats CAE qu’elle a enchaînés, elle et son mari, n’ont débouché sur aucun CDI. Très déçue, Kalina sait qu’elle ne devra recevoir son bon alimentaire que le mois prochain, mais elle espérait un beau geste pour les fêtes de fin d’année d’autant qu’aucune association caritative ne passe jamais dans ce quartier. “Non, je ne fête jamais Noël. Cela fait combien d’années que je ne fête plus Noël ? Je le dis, je n’ai pas de ma’a à Noël et au jour de l’an. [Les bons alimentaires] ce n’est pas suffisant. Ils nous donnent tous les 3 mois. Est-ce qu’un carton de poulet [suffit pour] tenir pendant 3 mois ? Ou 4 cartons de poulet ?”, demande désespérée Kalina.

Comme trop de familles dans la même situation financière, elle avoue parfois perdre le courage de vivre mais le retrouve pour ses enfants. Comment garder son sang-froid dans ces conditions-là, alors qu’ils ne mangent pas à leur faim et que partout ailleurs le temps est à la fête ?
 

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Précarité : quand les bons alimentaires ne suffisent vraiment plus
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