Rubriques et services du Figaro
Le Figaro
Rubriques et services du Figaro
Nos journaux et magazines
Les sites du Groupe Figaro
Boisé, traversé par la Seine et accessible dès 1837 par la première ligne de chemin de fer, le département a été dès le XIXe siècle source d’inspiration pour les peintres, écrivains et musiciens. Quatre demeures dépaysantes où flotte encore l’âme de leurs illustres occupants.
En mai 1878, les droits d’auteur de L’Assommoir, permettent à Émile Zola d’acquérir comme il l’écrit à Flaubert « un modeste asile champêtre », une « cabane à lapins » en bordure de Seine. Chaque succès littéraire est l’occasion d’agrandir la demeure : la tour carrée Nana est celle où il installe son gigantesque bureau, avec une baie vitrée immense qui donne sur le jardin. La tour hexagonale Germinal accueille le billard et la « verrière au paon », vitrail tout en délicatesse signé du maitre-verrier nantais Henri Babonneau, qui ressemble à celui décrit dans un passage de La curée. Le pavillon Charpentier (son éditeur) est celui des invités : Cézanne, Goncourt Maupassant, Manet, Pissarro. Au rez-de-chaussée, la cuisine bleue et blanche est ornée d’un vitrail représentant «Mes bottes», personnage emblématique de L’Assommoir, qui « aime manger du pain ». 12 des 20 volumes de la série des Rougon-Macquart ont été écrits ici.
Pratique : la Maison Zola se visite sur réservation via ce site, par mail : maisonzolamuseedreyfus@cultival.fr ou par téléphone 08 25 05 44 05 (0,15€/min). Du mercredi au dimanche, 9,50 € ou 8 € (groupes).
On ne rate pas : adossé à la Maison Zola, l’incontournable Musée Dreyfus. Grâce aux caricatures, aux journaux, on se plonge dans l’atmosphère de l’époque et on comprend mieux le combat de Zola qui le mena à sa ruine et le fit vraisemblablement assassiner. Aucune réservation nécessaire. 5 €, vente de 9h et 17h (fermeture à 18h).
Notre conseil : prévoir une matinée ou un après-midi entier. Le musée Dreyfus est passionnant et pour tout lire, il faut y passer du temps. Se balader ensuite dans le jardin puis en bord de Seine face à l’île de Platais, où Zola avait acheté un terrain. Ayant acquis le chalet norvégien de l’Exposition universelle de 1878, il l’avait fait remonter sur l’île et l’avait baptisé « Le Paradou ». Il y accédait en ramant sur la barque « Nana ».
À lire aussiDu côté de chez Proust, Voltaire ou Hugo : six maisons de maîtres de la littérature à visiter
Sur la commode de la chambre, deux petites boîtes en bois et des tiroirs, des nacres. Plus que l’écriture, c’est la vente de bijoux qui permit au jeune couple formé par Louis Aragon et Elsa Triolet de vivre à Paris dans les années 1930. C’est elle qui eut l’idée de créer des bijoux pour Paul Poiret, Madeleine Vionnet, Elsa Schiaparelli… que Louis Aragon allait proposer à la vente avec sa petite valise de démarcheur. Quand le couple acquiert ce moulin à eau du XIIe siècle et son parc de 6 hectares en 1951, Elsa est célèbre. Première femme à obtenir le Goncourt (1944), elle aime follement son poète-romancier-journaliste-résistant de mari.
Durant vingt ans, elle embellit et restaure le moulin, en détournant et recyclant des objets incongrus, comme ces pagaies tahitiennes transformées en lampadaires. 30.000 ouvrages vont tapisser les murs et dans un placard secret cadenassé, elle cache des livres de la Série noire qu’elle dévore durant ses insomnies. Elle s’effondre dans son jardin quelques jours avant l’arrivée de l’été 1970. L’éphéméride du Moulin est restée bloquée sur cette date : mardi 16 juin. Dans l’immense salon, coule encore la cascade du moulin dont la roue a été retirée il y a bien longtemps. Dans le bureau d’Elsa et dans celui de Louis, leur présence est palpable. Leur amour emplit les pièces, comme sur cette commode où figure sur une plaque dorée la date de leur rencontre : 6 novembre 1928, anniversaire qu’ils ont célébré jusqu’au bout.
Pratique :en visite commentée uniquement (45 à 60 minutes), du lundi au vendredi à 16h. 9,50 € (tarif réduit : 7,50 €). Les samedis, dimanches et jours fériés : 14h30, 15h30, 16h30 ou 17h30. Le prix d’entrée comprend la visite du parc et des sculptures. Mais le parc peut se visiter sans la maison (5€) ou avec un guide, le 1er dimanche de chaque mois à 16h (9,50€). Réservez absolument avant de venir : les pièces sont petites et le nombre de visiteurs est limité.
Notre conseil : portez attention aux dessous-de-plat de la cuisine et à une assiette bleue suspendue dans le couloir de l’étage. Vous reconnaîtrez à coup sûr la patte de Pablo Picasso.
On ne rate pas : sur une petite butte, la tombe des deux époux qui fait face au parc. L’inscription y est émouvante : « Quand côte à côte nous serons enfin des gisants, l’alliance de nos livres nous réunira pour le meilleur et pour le pire dans cet avenir qui était notre rêve et notre souci majeur, à toi et à moi » (Elsa).
Les chaussures froissent les feuilles tombées des arbres et le silence du parc forestier de la Jonchère apaise. En bois, ce chalet avec sa balustrade apparaît soudain, dans un style inimitable mi-russe mi-suisse qui contraste totalement avec le look des châteaux, maisons de maître et hôtels particuliers des coteaux des environs. Manuscrits rares, livres en cyrillique, piano, tableaux, meubles sont intacts. La chambre de l’auteur de Premier amour (1860) a été reconstituée par l’École Boulle. De son bureau, il avait une vue imprenable sur la villa palladienne de sa belle amie (amante ?), la cantatrice Pauline Viardot dont il était éperdument amoureux, mais qui était mariée. L’émouvante collection ravira tous les amateurs de littérature russe.
Pratique : en voiture, accès via la rue de la Croix-aux-Vents. Se garer tout au bout sur le petit parking gratuit, puis marcher (350m) sur le sentier. Renseignements au bureau d’information touristique de Bougival : 01 39 69 21 23. Ouvert les 1er et 3e samedis du mois (14h-17h), 8 €, 5 € (12-17 ans). Samedi 29 octobre, entrée libre de 14 à 17h. Réouverture le 1er avril 2023.
On ne manque pas : à Bougival toujours…
À lire aussiCent cinquante ans après, que reste-t-il de la Seine des Impressionnistes ?
« La Roseraie », maison de maître du XVIIe siècle, achetée par le couple Derain en 1935, n’est plus meublée. Aussi faut-il tout le talent de Béatrice Montfort, diplômée de l’école du Louvre, pour faire revivre cet artiste autodidacte, contemporain de Vlaminck, Matisse et Picasso. Plus qu’une visite, il s’agit ici d’une conférence passionnante, éclairant le travail d’un homme qui a traversé deux guerres et plusieurs courants picturaux sans pouvoir être classé dans un style plus qu’un autre.
Fauviste, cubiste, classique, réaliste… Il était aussi sculpteur, céramiste, peintre de décors et costumes de ballets et de théâtre, graveur, illustrateur, écrivain, comme en témoigne son éclectique atelier traversant du premier étage que le soleil illumine du matin au soir. Au rez-de-chaussée, des dessins égaient les murs de la superbe rotonde qui domine le parc et sa petite pièce d’eau bordée de peupliers noirs centenaires.
Pratique : 10 €, 5 € (8-17 ans). Visite sur inscription, un samedi par mois, réservez auprès de l’Office de tourisme. Parc en accès libre, 8h-20h30 du 16 avril au 14 octobre. 8h-18h du 15 octobre au 15 avril.
Notre conseil : en voiture, garez-vous rue André Derain ou dans son prolongement, rue Chaude, en zone bleue (1h30). Entrez par le parc (rue Chaude, face à la Poste) pour découvrir la beauté de la maison dans son écrin de verdure. L’entrée par le 64, grande rue, est nettement moins spectaculaire.
Clara2411
le
Selon le commentaire, Elsa Triolet et Louis Aragon ont acquis la maison en 1651.
Voilà un journaliste hyper balaise !
GUIDE – Allées étroites, patrimoine et sommets : zoom sur les trésors cachés de cette ville d’histoire des Alpes, plus vivante que jamais.
GUIDE – La capitale officieuse de la région productrice de Champagne est une destination à multiples facettes. La richesse de ses vieilles pierres et son art de vivre invitent à la flânerie, des caves aux musées.
Intense et bruyante, Naples a ses havres de paix où profiter d’un panorama sur le golfe et le Vésuve en buvant un verre ou en se régalant de la cuisine locale. Terrasse avec vue ou rooftop secret, voici nos adresses favorites.
À tout moment, vous pouvez modifier vos choix via le bouton “paramétrer les cookies” en bas de page.
Quatre maisons d’artistes à visiter dans les Yvelines
Partager via :
1 commentaire
1
Le Figaro
Les articles en illimité à partir de 0,99€ sans engagement

source

Étiqueté dans :

, , ,