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Avec un taux d’incidence proche de 2 800 cas pour 100 000 habitants, la Polynésie française est le territoire des outre-mer le plus touché par le Covid-19. Au centre hospitalier de Tahiti, les médecins se voient contraints de trier les patients.
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Trois ambulances arrivent en même temps devant les urgences du centre hospitalier de la Polynésie française, à Tahiti. Les brancardiers tentent de placer les patients à distance les uns des autres, à l’extérieur du bâtiment, devant les infirmiers chargés de l’accueil. Même ici, sur le parking, la place manque. Quatre ouvriers agrandissent l’espace réservé aux nouveaux arrivants : ils posent de grandes toiles pour leur conférer un peu d’intimité. Il n’y a déjà plus de places dans ce coin de parking : douze patients, sur un brancard ou dans un fauteuil roulant affublé d’un numéro, attendent le verdict du médecin.
Depuis deux semaines déjà, il faut faire des choix. Trier les patients. « Les places manquent, alors c’est sûr qu’on va plus s’acharner à sauver un jeune que quelqu’un d’âgé qui a des comorbidités », regrette une infirmière aux urgences, qui ne souhaite pas donner son identité. « Ce tri est horrible à faire, parce qu’on se connaît tous en Polynésie », déplore-t-elle. Pour faire ce choix, « il n’y a pas d’âge limite, cela dépend de plein de choses, de l’état de santé de base des gens, de leur autonomie : on essaie d’avoir une réflexion qui est personnalisée », explique la docteure Mélanie Tranchet, responsable du service d’accueil des urgences. Pour elle, la violence de l’épidémie contraint les soignants à pratiquer « une médecine de guerre ».
En un mois, la Polynésie est passée de quelques dizaines de cas à près de 8 000, pour une population de 280 000 habitants. Et surtout, la diffusion du variant Delta, avec un taux d’incidence de près de 2 800 cas pour 100 000 habitants, a fait monter les hospitalisations en flèche : aucune à la mi-juillet, contre 329 le samedi 21 août dans l’ensemble de la Polynésie, dont 40 en réanimation.
A Tahiti, le centre hospitalier a dû s’adapter. « On a été jusqu’à transformer des bureaux en lits d’hospitalisation, voire de réanimation, une aile de psychiatrie accueille des patients de chirurgie, il y a une transformation complète de l’établissement », détaille le docteur Alexis Goubert, son directeur adjoint. Ce n’est pas encore assez : depuis vendredi, la grande nef de l’hôpital, son hall central qui est habituellement un lieu de passage, abrite de nouveaux lits. Avec ces 48 nouvelles places possibles, le centre hospitalier atteindra près de 300 lits réservés aux patients atteints du Covid-19, et une centaine réservée pour les autres pathologies.
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