L’étendue de la Polynésie française est difficile à se représenter depuis une carte, où les archipels paraissent voisins. Les distances réelles entre les îles s’échelonnent de quelques dizaines à plus de mille cinq cents kilomètres. Les valeurs ci-dessous sont des distances à vol d’oiseau, calculées entre les centres des îles.
Ce que mesure exactement cette distance
Une distance orthodromique est la longueur du plus court chemin entre deux points à la surface du globe. Elle ne correspond ni à la trajectoire réellement suivie par un avion, ni à une durée de trajet. Un appareil suit une route aérienne, décolle, monte, descend et atterrit, autant d’étapes qu’une distance géométrique ne prend pas en compte.
Aucune durée de vol ne figure donc sur cette page. Ces durées varient selon l’appareil, la route et les conditions, et aucune source ouverte ne permet de les donner avec une exactitude suffisante. La distance reste néanmoins l’unité la plus fiable pour comparer deux liaisons entre elles.
Une dispersion qui structure le territoire
La Polynésie française compte environ 118 îles et atolls répartis en cinq archipels, sur une étendue océanique considérable. Les terres émergées y représentent une part infime de la surface totale : le territoire est avant tout un espace maritime, ponctué d’îles éloignées les unes des autres.
Cette dispersion a des effets concrets. Elle impose l’avion ou le bateau pour tout déplacement, elle rend l’approvisionnement des îles les plus isolées dépendant de rotations, et elle a permis à des archipels éloignés de conserver des particularités marquées. Les Marquises, situées à plus de mille quatre cents kilomètres de Tahiti, n’ont ni le même relief, ni le même climat, ni le même fuseau horaire.
Les distances expliquent aussi la concentration de la population. Plus une île est éloignée et mal desservie, plus son maintien démographique est difficile, ce qui alimente un mouvement ancien vers Tahiti.
Au départ de Tahiti
Tahiti concentre l’essentiel du trafic intérieur : la plupart des liaisons entre archipels y transitent. Les distances au départ de l’île donnent donc une bonne mesure de l’éloignement relatif de chaque destination.
| Destination | Distance |
|---|---|
| Moorea | 41 km |
| Tetiaroa | 75 km |
| Huahine | 196 km |
| Raiatea | 230 km |
| Bora Bora | 274 km |
| Maupiti | 327 km |
| Tikehau | 330 km |
| Rangiroa | 344 km |
| Fakarava | 436 km |
| Rurutu | 566 km |
| Tubuai | 634 km |
| Nuku Hiva | 1 408 km |
| Hiva Oa | 1 432 km |
| Mangareva | 1 628 km |
Rejoindre la Polynésie depuis la métropole
Les distances intérieures ne représentent qu’une fraction du trajet pour un voyageur venu de France métropolitaine. Il n’existe pas de vol sans escale entre la métropole et Papeete : le trajet comporte au moins une escale et dure environ vingt-deux heures au total, temps d’escale compris.
L’arrivée se fait à l’aéroport international de Tahiti-Faa’a, près de Papeete. Une liaison intérieure s’ajoute ensuite pour rejoindre une autre île, ce que les distances de cette page permettent de situer. Les ressortissants français n’ont pas besoin de visa ; une pièce d’identité en cours de validité suffit.
Les liaisons entre îles voisines
À l’intérieur d’un même archipel, les distances changent d’échelle. Les îles Sous-le-Vent sont séparées de quelques dizaines de kilomètres, de même que les atolls du nord des Tuamotu ou les îles du groupe nord des Marquises.
| Liaison | Distance |
|---|---|
| Raiatea — Taha’a | 24 km |
| Raiatea — Huahine | 44 km |
| Bora Bora — Raiatea | 48 km |
| Bora Bora — Maupiti | 56 km |
| Rangiroa — Tikehau | 57 km |
| Nuku Hiva — Ua Pou | 59 km |
| Nuku Hiva — Ua Huka | 61 km |
| Bora Bora — Huahine | 79 km |
| Nuku Hiva — Hiva Oa | 156 km |
| Rangiroa — Manihi | 184 km |
| Rangiroa — Fakarava | 253 km |
Sources : Wikidata (CC0) — détail des jeux de données.
L’ordre de grandeur à retenir
La liaison la plus courte de ce tableau relie Raiatea à Taha’a, soit 24 kilomètres. La plus longue relie Tahiti à Mangareva, soit 1 628 kilomètres. Un rapport de l’ordre de soixante-dix sépare donc les deux extrêmes, à l’intérieur d’un même territoire.
Cet écart explique une bonne part de l’organisation du territoire. Passer d’une île à sa voisine dans les Sous-le-Vent et rejoindre les Marquises ou les Gambier depuis Tahiti ne relèvent pas du même déplacement, ni des mêmes moyens. Il explique aussi que les archipels éloignés aient conservé des particularités marquées, jusque dans les fuseaux horaires : les Marquises vivent à UTC-9h30 et les Gambier à UTC-9, quand Tahiti est à UTC-10.