L’archipel des Australes : Rurutu, Tubuai et Raivavae
Les Australes forment l’archipel le plus méridional de Polynésie française. Leurs îles s’alignent au sud de l’archipel de la Société, à des latitudes qui atteignent 23,9 degrés sud pour Raivavae, contre 17,7 degrés pour Tahiti.
Cette position vaut à l’archipel un climat sensiblement plus frais que le reste du territoire. C’est la caractéristique qui le distingue le plus nettement, avant même son relief ou sa superficie.
Trois îles principales
Rurutu couvre 32,75 kilomètres carrés et culmine à 385 mètres. Tubuai en couvre 45 pour 422 mètres d’altitude. Raivavae, la plus méridionale, ne compte que 14,95 kilomètres carrés mais atteint 437 mètres.
Ces trois îles sont donc modestes en superficie et présentent des reliefs comparables, tous compris entre 385 et 437 mètres. Le rapport avec les grandes îles hautes est sans commune mesure : Tahiti culmine à 2 241 mètres et Nuku Hiva à 1 224 mètres.
Rapportées au territoire, elles se situent dans la moyenne basse : Bora Bora couvre 30,55 kilomètres carrés, Maupiti 11, quand Raiatea en couvre 175 et Nuku Hiva 339. Les Australes réunissent des terres de dimensions comparables aux plus petites de la Société.

Un climat plus frais
La latitude explique l’essentiel. Rurutu se situe par 22,4 degrés sud, Tubuai par 23,4 et Raivavae par 23,9 : l’archipel se trouve à la limite de la zone tropicale, là où le reste du territoire s’inscrit franchement à l’intérieur.
Aucune normale climatique n’a été calculée pour ces îles dans les données réunies pour ce site, et aucune valeur chiffrée n’est donc avancée. Le caractère plus frais de l’archipel est en revanche établi et constitue une donnée constante de sa description.
Cet écart a des conséquences concrètes sur la végétation et sur les cultures possibles. Les productions des Australes diffèrent de celles des archipels plus septentrionaux, l’amplitude thermique annuelle y étant plus marquée qu’ailleurs sur le territoire.
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Des îles hautes anciennes
Les Australes sont des îles hautes d’origine volcanique, comme celles de la Société et des Marquises. Leur relief modéré traduit un stade d’érosion avancé : les sommets ont été arasés, les pentes adoucies, les vallées élargies.
Plusieurs de ces îles présentent une particularité géologique, celle de terrains calcaires soulevés. Ces formations, anciens récifs coralliens portés au-dessus du niveau de la mer par des mouvements du sous-sol, donnent des falaises et des cavités que l’on ne rencontre pas sur les îles volcaniques classiques.
Une barrière de corail ceinture ces terres et forme un lagon, à la différence des Marquises qui en sont dépourvues. Ce lagon reste généralement étroit, le récif étant proche du rivage.
L’éloignement de Tahiti
Rurutu se trouve à 566 kilomètres de Tahiti, Tubuai à 634 kilomètres. Ces distances placent les Australes au-delà des Tuamotu documentés, qui s’échelonnent entre 330 et 436 kilomètres du chef-lieu.
Elles restent cependant très inférieures à celles des archipels extrêmes : Nuku Hiva est à 1 408 kilomètres, Hiva Oa à 1 432 et Mangareva à 1 628 kilomètres. Les Australes occupent donc une position intermédiaire en termes d’éloignement.
Contrairement aux Marquises, l’archipel ne dispose pas d’un fuseau horaire distinct. Les Australes vivent à UTC-10, comme Tahiti et la majeure partie du territoire ; seuls les Marquises, à UTC-9h30, et les Gambier, à UTC-9, s’en écartent.
Les baleines à bosse
Les eaux des Australes sont associées à l’observation des baleines à bosse. L’espèce fréquente le territoire une partie de l’année, venant s’y reproduire et mettre bas dans des eaux chaudes et peu profondes après avoir quitté les zones d’alimentation antarctiques.
Les baleines à bosse sont observables approximativement de juillet à octobre. Les données d’observation disponibles confirment nettement cette fenêtre : sur 1 464 observations enregistrées en Polynésie française, environ 82 % se concentrent sur ces quatre mois.
Ces chiffres recensent des observations enregistrées dans une base internationale de biodiversité, non des animaux comptés. Le nombre d’observations dépend autant de la présence d’observateurs que de celle des baleines, et aucune probabilité de rencontre ne peut en être déduite.

Y accéder
Trois des îles de l’archipel disposent d’un aérodrome : Rurutu, codé RUR, Tubuai, codé TUB, et Raivavae, codé RVV. Rimatara, autre île de l’archipel, dispose également d’une piste codée RMT.
Sur des îles hautes, l’implantation d’une piste suppose de trouver une surface plane de longueur suffisante, contrainte que les atolls des Tuamotu ne connaissent pas. Le relief modéré des Australes rend cet aménagement moins difficile qu’aux Marquises.
Les liaisons intérieures relèvent d’Air Tahiti, distincte d’Air Tahiti Nui qui assure les vols internationaux depuis Tahiti-Faa’a. La présence d’une piste ne préjuge cependant d’aucune desserte régulière, et aucune fréquence n’est indiquée ici.
Une place à part dans le territoire
Les Australes réunissent des caractéristiques qu’on ne trouve nulle part ailleurs en Polynésie française : la latitude la plus méridionale, le climat le plus frais, et des reliefs modérés associés à des terrains calcaires soulevés.
Elles partagent avec la Société la présence d’un lagon et d’une barrière de corail, absents des Marquises. Elles s’en distinguent par leur climat et par des superficies plus réduites.
Cette combinaison en fait un ensemble cohérent, dont l’unité tient d’abord à l’alignement en latitude. La population de l’archipel reste réduite, comme sur la plupart des archipels éloignés du territoire, où le mouvement vers Tahiti se poursuit de longue date.