Le coprah et la cocoteraie polynésienne

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Comprendre le coprah, c’est comprendre pourquoi des atolls de quelques dizaines d’habitants restent habités : il n’existe pas beaucoup d’autres façons de tirer un revenu d’un anneau de corail sans relief ni terre arable.

Du cocotier à l’huilerie

La chaîne est simple et entièrement manuelle sur ses premières étapes. Les noix tombées sont ramassées, ouvertes, et l’amande blanche est détachée de la coque. Elle est ensuite mise à sécher, au soleil sur des séchoirs à toit coulissant ou dans des séchoirs chauffés, jusqu’à perdre l’essentiel de son eau.

Le coprah séché est ensaché, puis embarqué sur les goélettes qui desservent les atolls. Il rejoint Tahiti, où l’huilerie en extrait l’huile de coco brute. Cette huile sert de base à plusieurs filières, dont celle du monoï.

Le transport pèse autant que la production. Un atoll isolé ne vit pas de son coprah si aucun navire n’y passe : la desserte maritime conditionne la filière tout entière, et le calendrier des goélettes rythme le travail des coprahculteurs.

Une cocoteraie plantée, pas spontanée

Les cocoteraies alignées que l’on voit sur les motu des atolls ne sont pas des formations naturelles. Ce sont des plantations, établies pour l’essentiel à partir du XIXe siècle, lorsque l’huile de coco est devenue une marchandise d’exportation recherchée.

Cette origine se lit dans le paysage. Un motu planté en cocotiers présente une végétation régulière et pauvre en espèces, très différente de la forêt littorale d’origine, qui associait plusieurs essences et abritait des colonies d’oiseaux marins.

Une filière soutenue

Le cours mondial de l’huile de coco est volatil et dépend de productions asiatiques sans commune mesure avec celle de la Polynésie. Laissée au seul marché, la coprahculture polynésienne ne serait pas viable, compte tenu des distances et du coût du transport inter-îles.

Un mécanisme territorial de soutien au prix d’achat du coprah existe donc, qui garantit au producteur une rémunération indépendante des variations mondiales. Ce dispositif est régulièrement débattu : il représente une charge publique, mais il constitue l’un des rares outils de maintien de la population dans les archipels éloignés.

Ce que le voyageur en voit

Sur les atolls, les séchoirs à coprah sont visibles depuis la route ou le lagon : des structures basses au toit mobile, que l’on ouvre au soleil et que l’on referme à la pluie. Les sacs empilés près des quais signalent l’approche d’une goélette.

L’odeur, elle, ne s’oublie pas : le coprah en séchage dégage un parfum sucré et gras très reconnaissable, qui imprègne les abords des séchoirs et les cales des navires.

Questions fréquentes sur le coprah

Qu’est-ce que le coprah exactement ?

C’est l’amande de la noix de coco, détachée de sa coque puis séchée. Elle n’est pas destinée à la consommation directe mais à l’extraction d’huile.

Le coprah sert-il à fabriquer le monoï ?

Indirectement, oui. L’huile de coco obtenue à partir du coprah constitue la base dans laquelle les fleurs de tiare sont mises à macérer pour produire le monoï.

La coprahculture existe-t-elle encore aujourd’hui ?

Oui, elle demeure une activité importante des atolls des Tuamotu, soutenue par un mécanisme territorial de prix. Elle a perdu la place centrale qu’elle occupait dans l’économie polynésienne avant le développement du tourisme et de la perliculture.

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