Où trouver des données fiables sur la Polynésie française, et comment les lire
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L’intérêt dépasse ce site. Les mêmes sources sont accessibles à quiconque veut vérifier une affirmation sur le territoire, préparer un travail documentaire ou simplement s’assurer qu’un chiffre trouvé ailleurs tient debout.
Le principe
Un chiffre sans producteur, sans date et sans périmètre n’est pas une donnée : c’est une affirmation. Les cinq jeux ci-dessous ont les trois.
Les cinq jeux employés ici
Wikidata — la géographie des îles
Superficies, altitudes maximales et coordonnées des îles documentées. Licence CC0 : la réutilisation est libre, y compris commerciale, sans obligation d’attribution — ce site attribue malgré tout, parce que la traçabilité vaut mieux que le minimum légal.
Ce que ce jeu permet : comparer des îles entre elles sur des grandeurs stables. Une superficie ne change pas d’une année sur l’autre.
Ce qu’il ne permet pas : conclure sur ce qui n’y figure pas. Une valeur absente signifie que personne ne l’a renseignée, pas qu’elle vaut zéro. C’est la raison pour laquelle le comparateur des îles affiche un tiret et non un zéro.
Open-Meteo et la réanalyse ERA5 — le climat
Températures et précipitations mensuelles, sous forme de normales 1991-2020. Licence CC BY 4.0 : réutilisation libre avec attribution.
Le point crucial est la nature de la source. Ce ne sont pas des mesures relevées par une station météorologique locale, mais les valeurs d’une réanalyse : un modèle qui recompose l’état de l’atmosphère passée à partir d’observations multiples, sur une grille à maille large.
Ce que ce jeu permet : décrire une tendance mensuelle et comparer des îles entre elles sur une base homogène.
Ce qu’il ne permet pas : présenter ces valeurs comme une mesure au sol, ni les employer comme prévision. Le sujet est développé dans le guide de lecture des normales climatiques.
OurAirports — les aérodromes
Un recensement communautaire des pistes, dans le domaine public. Les héliports et les pistes fermées sont écartés du jeu employé ici.
Ce que ce jeu permet : savoir qu’une piste est recensée, avec son code et sa position.
Ce qu’il ne permet pas — et l’avertissement vient du producteur lui-même : la présence d’une piste ne préjuge pas de l’existence d’une desserte régulière. La fréquence des liaisons varie fortement d’une île à l’autre, et elle appartient aux transporteurs, pas à un jeu de données. La page des aérodromes reprend cette réserve.
GBIF — les espèces marines
Des occurrences d’observation, en CC BY 4.0. Chaque enregistrement dit qu’une espèce a été observée à un endroit, à une date, par quelqu’un.
C’est le jeu le plus facile à mal lire, et l’erreur est toujours la même : un nombre d’observations mesure l’effort d’observation, pas l’abondance. Un lagon très fréquenté par des plongeurs équipés produira beaucoup d’enregistrements ; un atoll isolé, presque aucun. La différence décrit la répartition des observateurs, pas celle des poissons.
Une répartition mensuelle d’observations se lit avec la même prudence : elle indique quand des observations ont été enregistrées, ce qui dépend aussi de la présence humaine sur place.
L’ISPF, via data.gouv.fr — la population
Les recensements généraux de la population, produits par l’Institut de la statistique de la Polynésie française et diffusés via data.gouv.fr.
| Recensement | Population | Logements |
|---|---|---|
| 1983 | 166 798 | 35 878 |
| 1988 | 188 814 | 39 840 |
| 1996 | 219 521 | 57 065 |
| 2017 | 275 918 | 94 582 |
| 2022 | 278 786 | 101 850 |
Deux réserves déterminantes accompagnent ce jeu.
- La portée est territoriale. Il n’y a ni répartition par île, ni par commune : toute affirmation sur la population d’une île particulière ne peut pas en être tirée.
- Un recensement décrit une date. L’écart entre deux recensements ne se répartit pas uniformément sur les années intermédiaires, et interpoler une valeur pour une année non recensée produit un nombre sans statut.
La série complète et son évolution figurent sur la page consacrée à la population.
Trois erreurs de lecture, et comment les repérer
Erreur 1 — transformer une moyenne en prévision
Ce qu’on lit : « en mars, il pleut 250 mm à Tahiti, donc mieux vaut éviter mars ».
Ce qui cloche : une normale décrit trente années révolues. Elle ne dit rien de mars prochain, et elle ne dit rien non plus de la répartition de ces millimètres — quelques épisodes intenses ou une pluie continue produisent le même cumul.
Comment le repérer : dès qu’une conclusion porte sur une date future, la donnée employée doit être une prévision. Si elle porte une période de référence de trente ans, la conclusion est illégitime.
Erreur 2 — descendre d’un périmètre à un autre
Ce qu’on lit : « la Polynésie compte 278 786 habitants, donc telle île en compte tant ».
Ce qui cloche : le jeu employé ici a une portée territoriale et ne fournit aucune répartition par île ni par commune. Toute ventilation est une reconstruction, pas une lecture.
Comment le repérer : comparez l’échelle de la conclusion à celle du jeu. Descendre d’échelle exige une source de cette échelle.
Erreur 3 — confondre effort d’observation et abondance
Ce qu’on lit : « tel lagon compte plus d’espèces que tel atoll ».
Ce qui cloche : les occurrences mesurent la présence d’observateurs. Un lagon fréquenté par des plongeurs équipés produit beaucoup d’enregistrements ; un atoll isolé, presque aucun.
Comment le repérer : demandez-vous si la différence pourrait s’expliquer par le nombre de personnes présentes plutôt que par la nature. Si oui, la conclusion ne tient pas.
Ouvrir soi-même les jeux de données
Les cinq sources employées ici sont toutes consultables gratuitement, et la vérification ne demande aucun outil particulier.
- Partez de la page des sources de ce site, qui donne pour chaque jeu son producteur, sa licence et son adresse.
- Ouvrez la fiche du producteur, pas un article qui la cite. Les réserves méthodologiques y figurent, et ce sont elles qui comptent.
- Lisez la note de portée avant les valeurs. Elle dit ce que le jeu couvre et, surtout, ce qu’il ne couvre pas.
- Notez la période de référence et distinguez-la de la date de collecte. La page de veille affiche les deux pour chaque jeu employé ici.
Le réflexe qui fait gagner le plus de temps
Chercher d’abord ce que la donnée exclut. Les héliports exclus d’un recensement de pistes, l’absence de ventilation par île dans un recensement de population, la maille large d’une réanalyse : ces exclusions déterminent les conclusions possibles bien plus que les valeurs elles-mêmes.
Les quatre questions à poser à n’importe quelle donnée
1. Qui la produit ?
Un institut statistique, un observatoire, une base communautaire et un agrégateur n’ont ni les mêmes méthodes ni les mêmes garanties. Le nom du producteur est la première information, avant la valeur elle-même.
2. Quelle est sa période de référence ?
C’est la question la plus mal posée, parce qu’on la confond avec la date de collecte. Ce sont deux choses différentes, et l’écart entre les deux change tout :
- une normale climatique 1991-2020 décrit trente années révolues ; la recollecter plus tard donne les mêmes valeurs, elle ne périme pas ;
- un recensement de 2022 décrit l’année 2022 et rien d’autre ;
- une occurrence d’observation décrit un instant et un lieu précis.
La page de veille de ce site affiche les dates de collecte de chaque jeu, précisément pour que cette distinction reste visible.
3. Quel est son périmètre ?
Un chiffre territorial ne se découpe pas par île. Un jeu qui exclut les héliports ne dit rien des héliports. Un jeu limité à vingt et une îles ne décrit pas les cent dix-huit du territoire. Le périmètre est une limite, pas un détail.
4. Sous quelle licence est-elle diffusée ?
| Licence | Ce qu’elle impose |
|---|---|
| CC0 | Rien. Réutilisation libre, attribution non obligatoire. |
| Domaine public | Rien juridiquement ; citer reste une bonne pratique. |
| CC BY 4.0 | Attribution obligatoire du producteur. |
| Non spécifiée | Prudence : l’absence de mention n’équivaut pas à une autorisation. |
Comment ce site emploie ces jeux
La règle est inscrite dans le code, pas seulement dans une charte éditoriale. Les chiffres ne sont jamais écrits dans le texte des articles : ils sont insérés à l’affichage, lus depuis un fichier de données unique, avec leur source et leur année de référence.
Deux conséquences pratiques :
- Une valeur marquée « à vérifier » n’est pas affichée du tout. Un champ absent vaut mieux qu’un chiffre faux.
- Une mise à jour du fichier se répercute partout, sans réécriture d’article — donc sans risque qu’une page conserve une valeur périmée que les autres ont corrigée.
Le détail jeu par jeu, avec les liens vers chaque producteur, figure sur la page des sources et données.
Ce que ces jeux ne couvrent pas
Il est aussi utile de savoir ce qu’aucune source ouverte employée ici ne permet de dire :
- Les prix. Aucun jeu ouvert ne recense les tarifs pratiqués par les transporteurs et les hébergeurs du territoire. C’est pourquoi le guide du budget donne une structure de calcul et aucun montant.
- Les horaires et les dessertes. Ils appartiennent aux opérateurs et changent.
- Les durées de vol. Elles dépendent de l’appareil, de la route et des conditions ; les calculer depuis une distance géométrique produirait un chiffre d’apparence précise et sans fondement.
- Les conditions d’entrée et de séjour. Elles relèvent d’autorités qui les font évoluer, parfois sans préavis.
Vérifier un chiffre trouvé ailleurs : la marche à suivre
- Cherchez le producteur cité. S’il n’y en a pas, l’examen s’arrête là.
- Cherchez l’année de référence, pas la date de publication de l’article qui le cite.
- Vérifiez le périmètre. Un chiffre territorial présenté comme valant pour une île est faux, même si le nombre est juste.
- Remontez à la source primaire. Les cinq jeux ci-dessus sont tous consultables en ligne, gratuitement.
Questions fréquentes sur les données du territoire
Quelle est la population de la Polynésie française ?
Le recensement de 2022 dénombre 278 786 habitants et 101 850 logements, d’après l’Institut de la statistique de la Polynésie française. Ce chiffre vaut pour le territoire dans son ensemble : le jeu employé ici n’en fournit aucune répartition par île ni par commune.
Peut-on connaître la population d’une île en particulier ?
Pas à partir du jeu employé sur ce site, dont la portée est territoriale. Toute valeur par île citée ailleurs provient nécessairement d’une autre source, qu’il faut identifier avant de s’y fier.
Les données climatiques viennent-elles de stations locales ?
Non. Elles proviennent d’une réanalyse à maille large, c’est-à-dire d’un modèle recomposant l’atmosphère passée. Elles décrivent une tendance mensuelle et ne doivent pas être présentées comme une mesure au sol.
Pourquoi certaines cases des tableaux sont-elles vides ?
Parce que la donnée manque dans le jeu source, ou qu’elle est marquée comme à vérifier. Elle n’est alors pas affichée. Un tiret signale une absence, jamais une valeur nulle.
Ces jeux de données sont-ils réutilisables ?
Oui, selon les licences indiquées : CC0 pour Wikidata, domaine public pour OurAirports, CC BY 4.0 pour Open-Meteo et GBIF — cette dernière imposant l’attribution du producteur. La licence du jeu de population n’est pas spécifiée par le producteur, ce qui appelle une prudence particulière.