Le ukulele tahitien, un instrument à part
Sur cette page5 sections
C’est l’instrument mélodique du répertoire polynésien contemporain, présent dans presque toutes les formations qui accompagnent la danse, aux côtés des percussions.
Huit cordes, quatre chœurs
Les cordes sont groupées par deux, chaque paire accordée à l’unisson ou à l’octave selon les usages. Ce doublage produit un léger décalage entre les deux cordes d’un même chœur, qui donne au son sa vibration caractéristique et sa capacité à porter au-dessus des percussions.
Les cordes sont en nylon, souvent issues de fil de pêche, ce qui contribue à la brillance de l’attaque. Le jeu est essentiellement mélodique : le ukulele tahitien conduit la ligne principale, là où le ukulele hawaiien accompagne plus volontiers en accords.
Une caisse creusée, un fond ouvert
La facture le distingue tout autant. L’instrument est taillé dans un seul bloc de bois évidé, et non assemblé à partir de planches collées. Le fond n’est pas fermé : la caisse s’ouvre par l’arrière, souvent par un large orifice conique.
Cette ouverture change le comportement acoustique. Le son sort par l’arrière, projeté vers l’extérieur plutôt que résonnant dans un volume clos, ce qui explique le niveau sonore élevé de l’instrument malgré sa petite taille.
Les bois employés sont locaux : bois de rose, tou, miro ou cocotier selon les facteurs. Un instrument monté avec soin est un objet d’artisanat, dont le prix reflète le temps de creusement.
Sa place dans la musique polynésienne
Le ukulele intervient dans les ensembles qui accompagnent le chant et la danse, en complément des percussions traditionnelles — le to’ere, tambour de bois fendu frappé aux baguettes, et le pahu, tambour à membrane.
Le partage est net : les percussions donnent le rythme et les ruptures qui commandent les mouvements des danseurs, le ukulele et la guitare portent la mélodie et l’harmonie. Lors du Heiva, les orchestres sont jugés au même titre que les groupes de danse.
En acheter un
Les instruments se trouvent chez les facteurs et sur les marchés, dans une gamme très large. Trois points méritent examen : la régularité du creusement, la qualité des chevilles ou mécaniques d’accord, et la justesse de l’instrument sur toute la longueur du manche.
Un ukulele tahitien s’accorde différemment d’un ukulele hawaiien et les cordes ne sont pas interchangeables. Il est plus prudent de repartir avec un jeu de cordes de rechange, difficile à trouver ailleurs.
Questions fréquentes sur le ukulele tahitien
Combien de cordes a un ukulele tahitien ?
Huit, réparties en quatre chœurs de deux cordes, contre quatre cordes simples pour le ukulele hawaiien.
Pourquoi son fond est-il ouvert ?
Parce que la caisse est creusée dans un bloc de bois et laissée ouverte à l’arrière. Le son est projeté vers l’extérieur au lieu de résonner dans un volume clos, ce qui rend l’instrument nettement plus sonore.
Peut-on jouer du ukulele tahitien comme d’un ukulele hawaiien ?
Pas directement : l’accordage, le doublage des cordes et le style de jeu diffèrent. Le tahitien est avant tout un instrument mélodique, le hawaiien un instrument d’accompagnement en accords.