Huahine Nui et Huahine Iti : comprendre les deux parties de l’île
Ce que l’on désigne comme l’île de Huahine forme en réalité deux masses terrestres distinctes, séparées par un chenal peu profond et réunies dans un même lagon. Huahine Nui au nord, Huahine Iti au sud.
Les noms disent la différence de taille : nui signifie grand, iti petit. Les mêmes termes distinguent Tahiti Nui de Tahiti Iti, autre île de l’archipel présentant une configuration voisine.
Deux édifices volcaniques réunis
Les deux masses correspondent à deux édifices volcaniques distincts. Elles ont été rapprochées par la sédimentation et enfermées dans un anneau corallien commun, qui les enclôt aujourd’hui dans un lagon unique.
Le bras de mer qui les sépare est étroit et peu profond. Un pont routier le franchit, si bien que la circulation se fait sans rupture et que l’ensemble fonctionne comme une seule île.
L’ensemble couvre 77,6 kilomètres carrés et culmine à 699 mètres. Ces dimensions placent Huahine en position intermédiaire dans l’archipel : plus vaste que Bora Bora et ses 30,55 kilomètres carrés, plus réduite que Moorea avec 133,5.
Huahine Nui, la partie principale
La partie nord concentre l’essentiel de la population et des équipements, dont l’aérodrome codé HUH. C’est là que se trouvent les principaux villages et les services.
Son relief est marqué mais moins abrupt que celui de Bora Bora, le sommet de 699 mètres se déployant sur une surface plus large. Les vallées y sont donc plus ouvertes.
Ces vallées disposent de sols volcaniques profonds et d’eau douce de surface, ressources absentes des atolls. Les cultures vivrières y occupent une place que l’on ne retrouve pas sur les îles où le relief laisse peu de terres exploitables.
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Huahine Iti, la partie sud
La partie méridionale présente un relief tout aussi accidenté sur une surface moindre, avec une occupation nettement plus légère. L’habitat s’y disperse le long de la côte.
Le lagon y est généralement plus ample que dans la partie nord, ce qui produit des étendues d’eau peu profonde de largeur appréciable entre le rivage et la barrière.
Cette dissymétrie d’occupation entre les deux parties rappelle celle observée à Tahiti, où la presqu’île est restée nettement plus rurale que la partie principale de l’île.
Un lagon unique
La barrière de corail entoure les deux parties sans discontinuité. C’est cette continuité qui justifie que l’on parle d’une seule île, malgré la séparation des terres.
Plusieurs passes interrompent la barrière. Elles se situent, comme ailleurs dans l’archipel, en face des zones où les apports d’eau douce descendus des vallées empêchent le corail de se développer.
À l’intérieur du lagon, les baies profondes de la côte ouest offrent des mouillages abrités. Cette configuration a longtemps fait de Huahine une escale sur les routes de navigation entre les îles du groupe.
Un cas rare dans l’archipel
Deux terres distinctes réunies dans un même lagon : la situation ne se rencontre que trois fois dans l’archipel de la Société, sous des formes différentes.
Huahine en constitue la version la plus resserrée, avec un simple chenal franchi par un pont. Tahiti présente une configuration voisine, ses deux massifs étant reliés par un isthme terrestre.
Raiatea et Taha’a poussent le principe plus loin : les deux îles, distantes de 24 kilomètres, partagent une barrière commune sans être reliées par la terre. Il est possible de passer de l’une à l’autre sans quitter le lagon.
Le climat
Huahine suit la division saisonnière du territoire : saison sèche et plus fraîche de mai à octobre, saison humide et chaude de novembre à avril. Les normales 1991-2020 situent la moyenne mensuelle entre 25,1 °C en août et 27,0 °C en mars.
Le cumul annuel de précipitations s’établit autour de 1 691 millimètres, un chiffre supérieur à celui de Bora Bora avec 1 652 millimètres et de Moorea avec 1 582.
Ces valeurs concernent l’île dans son ensemble et ne distinguent pas les deux parties. Sur une île haute, la pluviométrie varie sensiblement entre les versants exposés aux alizés et les côtes situées sous le vent.