Le lagon de Bora Bora : formation et caractéristiques
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Cette proportion n’est pas un hasard. Elle traduit le stade avancé auquel se trouve l’île dans le cycle qui mène d’une terre volcanique à un atoll.
Comment ce lagon s’est formé
Le corail s’installe sur les pourtours d’une île dès qu’elle émerge. Il forme d’abord un récif frangeant, accolé au rivage, sans plan d’eau entre les deux.
Le poids de l’édifice volcanique provoque ensuite un affaissement lent de la croûte océanique sous lui, tandis que l’érosion use le relief. Le corail, lui, continue de croître vers la lumière et reste près de la surface.
L’écart se creuse alors entre le rivage qui recule et la barrière qui demeure en place. C’est cet écart qui constitue le lagon, et sa largeur mesure le temps écoulé depuis la formation de l’île.

Un anneau presque continu
L’anneau qui referme le lagon est constitué d’une succession de motu, îlots plats formés de débris coralliens accumulés sur le récif. Leur altitude ne dépasse le niveau de la mer que de quelques mètres.
Cet anneau est pratiquement ininterrompu. Une seule passe importante permet aux navires d’entrer dans le lagon, ce qui distingue Bora Bora de Rangiroa ou de Fakarava, atolls des Tuamotu dotés de deux passes principales.
Il en résulte des eaux calmes en presque toutes circonstances, quelle que soit la houle à l’extérieur. La barrière absorbe l’énergie des vagues avant qu’elles n’atteignent l’intérieur.
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- Qu’est-ce qu’un motu, l’îlot corallien polynésien
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Les couleurs et les fonds
Les fonds du lagon alternent sable clair et massifs coralliens. Cette variation produit les bandes de couleur allant du blanc au turquoise puis au bleu profond, visibles depuis les hauteurs de l’île.
Ces teintes ne tiennent pas à la couleur de l’eau elle-même mais à la profondeur et à la nature du fond. Une eau peu profonde sur sable clair renvoie la lumière et paraît pâle ; un fond corallien ou une profondeur accrue l’absorbent et assombrissent la teinte.
Le passage au bleu marqué correspond à la limite du platier, au-delà de laquelle le fond descend rapidement. Cette rupture souligne le tracé de la barrière depuis les airs.
Un milieu distinct de l’océan
Le lagon n’a ni la même température, ni la même salinité, ni la même faune que le versant océanique du récif. Ses eaux sont plus chaudes, moins profondes et plus calmes.
Cette différence s’accentue lorsque les échanges avec l’océan sont limités. Un lagon largement ouvert, traversé par plusieurs passes, se renouvelle davantage qu’un lagon presque fermé comme celui de Bora Bora.
Les concentrations de prédateurs observées dans les passes des Tuamotu n’ont pas d’équivalent ici, faute d’un courant de marée comparable. Le requin gris de récif, dont la présence en Polynésie française est documentée par 331 observations enregistrées, fréquente principalement ces zones de courant.

Un stade entre île et atoll
Bora Bora occupe une position intermédiaire dans le cycle. L’édifice volcanique s’est largement effondré, mais il en subsiste un relief encore marqué ; le lagon s’est élargi, mais la terre volcanique n’a pas disparu.
Maupiti, à 56 kilomètres, va plus loin sur ce parcours : 380 mètres d’altitude pour 11 kilomètres carrés, un lagon large et un anneau pratiquement fermé.
Tetiaroa, dans le même archipel, montre l’aboutissement : plus aucune terre volcanique, un anneau corallien seul, un point culminant à 17 mètres. Trois stades du même processus, à quelques dizaines de kilomètres les uns des autres.
Ce que le lagon impose
La platitude des motu a une conséquence pratique inattendue. Faute de surface plane suffisante sur l’île principale, l’aérodrome de Bora Bora, codé BOB, est implanté sur un îlot de l’anneau corallien.
Une traversée du lagon s’ajoute donc au trajet aérien pour rejoindre les villages. La configuration est comparable à celle de Maupiti et de plusieurs atolls des Tuamotu.
Les motu, séparés de l’île principale par plusieurs kilomètres d’eau, ne sont accessibles que par bateau. Sur une île où la mer est plus présente que la terre, le lagon n’est pas un décor mais une voie de circulation.
- Maupiti : la petite île préservée voisine de Bora Bora
- Tetiaroa : l’atoll de l’archipel de la Société
- Atoll et île haute : comprendre la différence
Questions fréquentes sur le lagon de Bora Bora
Pourquoi le lagon est-il plus étendu que l’île ?
Parce que Bora Bora se trouve à un stade avancé du cycle qui mène d’une terre volcanique à un atoll. L’édifice s’affaisse et s’érode pendant que le corail continue de croître vers la lumière : l’écart entre le rivage qui recule et la barrière qui demeure constitue le lagon, et sa largeur mesure le temps écoulé depuis la formation de l’île.
D’où viennent les couleurs du lagon ?
De la profondeur et de la nature du fond, non de l’eau elle-même. Une eau peu profonde sur sable clair renvoie la lumière et paraît pâle ; un fond corallien ou une profondeur accrue l’absorbent et assombrissent la teinte. Le passage au bleu marqué correspond à la limite du platier.
Pourquoi les eaux du lagon sont-elles toujours calmes ?
Parce que l’anneau de motu qui le referme est pratiquement ininterrompu, une seule passe importante permettant aux navires d’entrer. La barrière absorbe l’énergie des vagues avant qu’elles n’atteignent l’intérieur, quelle que soit la houle à l’extérieur.
Voit-on les mêmes espèces qu’aux Tuamotu ?
Non. Les concentrations de prédateurs observées dans les passes des Tuamotu n’ont pas d’équivalent ici, faute d’un courant de marée comparable : un lagon presque fermé se renouvelle moins qu’un lagon traversé par plusieurs passes.